Home » Garde-robe » LA GARDE-ROBE DE LA FEMME CRÉOLE EN GUYANE

LA GARDE-ROBE DE LA FEMME CRÉOLE EN GUYANE

En Guyane Française, la femme créole adapte sa tenue selon les circonstances.
L’accessoire commun de la plupart des îles est le foulard. Nous rappelons que le foulard a un langage codé.
La coiffe de la femme s’appelle la chatte (lachat)
La jeune guyanaise dite la « titane » à l’affût d’un prince charmant, portait une chatte de petite forme avec une queue réduite.
La « tétèche »,riche paysanne guyanaise, était coiffée d’une chatte dont le fond,ou le « gnan-gnan », était assez élargi.
La « tétèche »,grande dame de la classe possédante mettait une chatte avec une robe droite,à panneaux,appelée « princesse » et un décolleté carré. Son cou était entouré d’un bijou au bout duquel pendait un médaillon ou une croix.
La « matadô », élégante du demi-monde, occupait une place de grand choix dans la société guyanaise qui se forma immédiatement après l’abolition de l’esclavage.La matadô était cette adorable créature qui séduisait si souvent les maris des tétèches.Elle perturbait certains ménages de façon spectaculaire,créant de sérieux déboires aux épouses de ces messieurs.Elle avait une chatte provocante posée sur le front et penchant vicieusement sur le côté avec une petite queue bien insolente.
La « nin-nin » ,nourrice très ancienne considérée dans la famille comme un parent véritable et incontournable, portait le gnan-gnan sur le côté et enserré par les deux bouts.La nin-nin se servait de deux modèles différents de coiffe: le « cornet » et le « bân-n dé « .
Cette nourrice était richement vêtue ,disposait de quantités de bijoux. Elle circulait toujours pieds nus même en cérémonie.
Sa tenue de tous les jours comporte est un corsage blanc de coton très fin.
Le devant du corsage est légèrement échancré,mais toujours richement travaillé de petits plis,nervures,nids d’abeille,entre-deux et dentelle.
Les manches sont bouffantes ou bouillonnées,courtes ou trois-quart.Elles se terminent toujours par un petit volant plissé,froncé ou en dentelle. la jupe froncée est en coton fleuri ou uni.
Sur la jupe, s’ajoute un tablier à poche qui contient le mouchoir ou autres accessoires du bébé.

Le Mouchoir de l’époque

On l’appelle  « dibé frais »en raison de sa couleur jaune frais » ne convenait qu’aux titanes très teintées avec une robe de couleur plutôt claire: rose,vert pâle.Ce madras jaune était fort goûté dans les mariages et les cérémonies.
D’autre part,les personnes d’un certain âge portaient deux madras: le premier était placé sur la tête,le second couvrait les épaules, à la place du foulard de soie.La jupe était alors de préférence froncée.Et sous cette jupe,la robe était en tissu imprimé ou tout autre textile. »-

AUTRES TENUES

Il existe aussi le  » Gol d’abati », la tenue de travail. Cette tenue courte de travail est confectionnée avec de la toile de gros bleu appelée drill ou réalisée dans une toile de Vichy ou à carreaux.
Pour travailler,la femme se serre la taille d’un cam’za convoué fait de multiples chutes de tissus divers formant un patchwork.
Cet accessoire vestimentaire qui entoure leurs reins,fait remonter la robe à partir de la taille et permet, par la même occasion, de maintenir la colonne vertébrale bien droite.
La coiffe en payaca (pour la protéger des intempéries) est nouée à la patabole expression guyanaise pour spécifier qu’elle est nouée à la « négligé ».
Le payaca est une pièce d’étoffe aux couleurs vives ressemblant au madras.
Les pieds nus,elle porte les lourdes charges en posant une torche (vieux chiffon roulé pour le port des produits)sur sa coiffe comme les Africaines.
Cette pratique de transport sur la tête est le secret du port altier des femmes des communes rurales.
Le katoury est le « chapeau Cayenne » fabriqué en arouman tressé en diagonale. Il s »agit de végétaux isolants et imperméables.
On retrouve la robe « Gôle » comme celle de Guadeloupe et de Martinique. C’est la robe de chambre exécutée dans n’importe quel tissu.
A travers toutes les modes du début du XXème siècle, la Guyanaise avait adopté celle qui lui convenait le mieux selon l’heure de la journée, le temps qu’il faisait et la circonstance.

La GUYANAISE des communes porte la gôle rayée, à carreaux, fleurie ou blanche pour les cérémonies.
Attaché à la taille, le camisar contraste avec le tissu uni ou bariolé.
Chez la personne rangée  » qui a relevé sa communion », le camisar sera placé plus haut sur le corsage juste au-desus des seins. Plus la personne est agée, plus le camisar sera placé haut. Si la Matadô porte le camisar; elle le placera bien au-dessous de la taille presque sur les hanches. La chatte est  enfoncée sur le milieu du front, la petite queue est relevée pour la jeune personne, tombante chez l’adulte.

La Massô Zébédé est la tenue des femmes pieuses qui avait adopté un uniforme rappelant celui de Massô Zébédé, missionnaire qui avait laissé un souvenir dans le coeur des ses ouailles.
La tenue de ces Massô Zébédé était composée d’un corsage de coton blanc boutonné devant, garni d’un col large de 4 à 5 doigts. Les manches kimono; longues jusqu’aux coudes, se terminaient par un ballon bien raide qu’un volant froncé retenait aux poignets. La jupe, la pointe en guise de foulard et la chatte étaient du même tissu en madras ou en payaca. La chatte ressemblait à la coiffe bretonne : Plissée au front, la queue large et tombante et sur le haut, trois belles coques très raides flottant au vent. Elle ne portait jamais de bijoux, mais au bras un énorme chapelet qu’elle égrenait ostensiblement en ville tout en papotant sur cette jeunesse « révoltante et sans moeurs » .

Author: admin
Tags